Porteurs de paroles
est une méthode pour intervenir dans la rue, et produire du débat public.
Cette méthode a été remarquablement développée par l'association "matières prises",
On devrait trouver toutes les explications sur leur site

Plaquette détaillée à télécharger ici.







La SCOP Le Pavé Organise des formations à cette technique, construites sur une journée : matinée de formation, après-midi d'expérimentation
Pour ceux qui ont déjà suivi ces formations, voici un récapitulatif, souvent réclamé, (mais qui ne dira rien aux autres).

 

Porteurs de paroles

intérêts et préalable.

 

 

·        De quoi s’agit-il ? Quelles questions au préalable  avant de mettre en place un Porteur de Parole ?

 

Le porteur de parole peut servir à :

 

 - Faire une  enquête publique qui peut précéder une action, recueillir des représentations ou des demandes etc. 

- Préparer ou faire du débat  public 

Il s’agit de bien cerner ce qu’on souhaite en faire avant de le mettre en place, d’anticiper l’exploitation qu’on en fera, la question posée ou l’approche des passants pourra en découler.

 

 En fonction de l’exploitation qu’on souhaite en avoir le porteur de parole peut donc être effectué Hors sol ou sur un terrain que l’on souhaite exploiter par la suite.

 

·        A quoi ça sert ?

 

C’est en tout cas en tant que tel un bon outil de rencontre, il permet à des animateurs de faire ce qu’on fait rarement : parler à des inconnus dans la rue de politique. A ce seul titre, il est – même  s'il ne s'agit que d'un intérêt limité -  d'un bon outil de mise en confiance d’un public de travailleurs sociaux ou d’animateurs. Il semble en effet que l'espace public non délimité professionnellement soit un terrain perdu depuis déjà quelques décennies par les animateurs sociaux  cul alors même que dans la mesure où c'est là que se trouve les gens ce pouvais être pour une certaine idée de l'éducation populaire un terrain privilégié.

 

Le porteur permet donc (non exhaustif):

 

-        Adresser la parole à des inconnus, au mieux des étrangers ou des ennemis

-        Mettre des animateurs dans une situation de rencontre, de recueille, d'écoute, et pas de proposition (ce qui peut s'inscrire soit dans la partie constat de la méthodologie traditionnelle de projet soit constituer en soit un acte destiné à enclencher un processus tel que décrit dans l'interaction personne/milieu que Tonio a déjà du vous faire quinze fois)

 -        Faire prendre conscience de certaines réalités sociales à une équipe en éprouvant des réponses incarnées par des personnes, ce qui est très différent de les lire dans des bouquins.

-         Faire prendre conscience aux animateurs que les gens ont des choses à dire même politiques!

-        Faire prendre conscience au gens que les gens ont des choses à dire même politiques! suivant la qualité de la menée de l'entretient (A rapprocher de l'enquête conscientisante)

-        Prendre conscience que c'est pas grave de parler à des inconnus et que c'est possible même dans la rue.

-        Réhabiliter l'espace public comme espace politique.

-        Pour les animateurs de la génération de Franck le porteur de parole peut être un bon S du SPRADRAFA

-        Ce peut être un outil d’animation de débat, de mobilisation

-        Outils de sensibilisation, le Porteur de Parole peut être un outil de communication, titre auquel il peut aisément être récupéré par des institutions comme gage/démonstration de démocratie qui descend dans la rue.

 

Þ               Attention c’est une des limites du Porteur de Parole à prendre en compte : La récupération

 

 

Là il y a certainement un truc à réfléchir autour du privé/public à développer sur cette idée: quels sont les espaces destiné à  la politique. Reste aussi entre autre à réfléchir à ce qu’est « une rencontre » puisque c’est un des intérêts du PdP souligné.

 

On peut aussi s’interroger sur (non exhaustif) :

-        La place de la parole dans l’exercice de la démocratie

 

-         Est ce que parler de politique c'est faire de la politique: quel intérêt en termes de transformation social ?

 

-        Si en favorisant l’expression on ne participe pas un à un exercice de pacification …. Ah les vertus cathartiques de l’expression !

 

Enfin, en soi, ne serait ce que parce qu’il permet de réhabiliter l’espace public, en l’occurrence la rue, comme espace de discussion, son intérêt nous semble indiscutable ( !?).

Le  lieu 

 

La réussite du PdP suppose une bonne exploitation de l’espace public, il s’agit de repérer les lieux qui permettront le mieux sa mise en place, plusieurs paramètres peuvent rentrer en compte. Dans tous les cas il est nécessaire de faire un premier travail de repérage, ce peut être en soi un exercice à faire en groupe avec une équipe d’animateur, l’objectif étant de faire avec le groupe un exercice de lecture de l’espace public.

 

·        Quelques éléments permettant de lire l’espace public : les lieux potentiels :

 

 

Quelques indicateurs :

 

-        Les Sucettes Decaux- publicité … a priori les publicitaires font des choix judicieux.

-        Les lieux où les personnes font la manche.

-        Lieux ou les commerciaux font leurs enquêtes

 

Ces lieux peuvent être des  indicateurs de bons spots mais les deux derniers indicateurs peuvent aussi devenir des facteurs de parasitage – sans compter qu'on concurrence nous aussi ces deux derniers acteurs ….mais je dis ça en passant.

 

Observer les flux:

 

-        Rechercher ce qui permet un phénomène d’agglutinement 

-        Il est préférable de viser des flux réguliers plutôt que des flux massifs discontinus.

-        Un espace plutôt sympa. joli, agréable plutôt que moche.

-        Penser à éviter la pollution sonore (exemple : les gares sont un mauvais endroit)

 

Hétérogénéité sociale

 

-        Se poser la question de l’homogénéité/hétérogénéité socioculturelle du lieu : En gros ce qui répond bien à l’objectif du flux et de l’homogénéité sociale et générationnel c’est plutôt les zones de chalandises

-        Les lieux frontières sont plutôt casse-gueules (entre une zone pavillonnaire et une cité par exemple.)

 

·        Quant le lieu est choisi, que fait-on ?

 

On va mettre en place un zonage, définir différentes zones ayant des fonctions différentes, permettant de toucher différentes personnes. Le but du jeu est d'arriver à proposer des espaces qui accrochent, attrapent des publics plus ou moins réceptifs. (On reprend ainsi une partie de la théorie des besoins stajienne, l'idée étant d'avoir plusieurs propositions en même temps afin de toucher des publics qui ne manifestent pas les mêmes besoins aux mêmes moments).

 

Attentions ces trois espaces doivent être distincts mais pas trop éloignés pour permettre les passages des uns vers les autres.

 

-        L’espace moineau « on peut se barrer quand le matou avance »

 

Les panneaux sont justes posés, il n’y a pas d’animateur du lieu, il faut que cet espace ne soit pas trop loin des autres espaces de manière à permettre le passage de cet espace vers les autres  mais dans celui ci les personnes doivent se sentir la possibilité de ne pas être importuné et de partir quand elles le désir. C’est un espace qui est destiné au gens les plus flippés, il n’y pas d’interaction entre les animateurs et les gens.

 

 

-        Espace pécheur : « On peut regarder par-dessus son épaule »

 

C'est dans cet espace que l'animateur scripteur officie, il est là à écrire sur les panneaux mais  il n'y pas en revanche d'animateur pour interpeller les gens. On peut regarder le pêcheur, il est inoffensif : c’est le « spectateur », le passant qui a la main.  Ce qui fait l’inoffensivité du scripteur (le pécheur) c’est que c’est une personne occupée, son rôle n'est pas de « faire le premier pas ».

 

-                   Un espace de relation directe, c’est le stand, c’est le lieu ou l’animateur rentre en relation directement avec les inconnus.

 

-                   Un quatrième espace : On peut prévoir un espace avec café, ce peut être l’espace communautaire pour accueillir les potes, il faut qu’il soit séparé du reste pour que  la communauté des « animateurs/gauchos/potes » ne colore trop l’espace. Il s'agit bien, toujours, de pouvoir rentrer en contact avec des gens qui ne nous ressemblent pas nécessairement.

 

·        Prévoir un plan B

 

Toujours choisir un plan B couvert. Attention, en basse saison c’est le plan à l’extérieur qui devient le plan B (sauf pour les bretons qui sont habitués et les nageurs)

On peut aussi se mettre en extérieur pas trop loin d’un lieu ou il est possible de s’abriter s’il pleut. Là comme vu au précédemment en soviet il y'a discussion... si le porteur de parole vise spécifiquement la rue, trouver un lieu couvert peut être considéré comme du Hors sol. En réalité il s'agit toujours de savoir quel est sa fin, la perspective d'un plan B n'est pas forcément pertinente si on a visé une population précise dans le cadre d'une utilisation type « enquête ».

Par ailleurs il y’a discussion sur l’intérêt de prévoir un plan B en formation de Pd P, argument de Gaël : « ben comme ça on est dans les conditions réelles d’animation, y’a des fois ça ne sera pas possible d’avoir un plan B, il faudra juste se sortir les doigts du cul ! »

 

Fausse bonne idée : les gares à cause de la pollution sonore mais aussi parce qu’à l’intérieur ce sont des espaces payants (très chers).

 

Par contre les galeries commerciales peuvent se faire. Autant pour faire un porteur de parole, les forces publiques n’ont jamais posé véritablement de problèmes aux animateurs, autant les vigiles d’une galerie commerciales peuvent être redoutables. De la nécessité de demander l’autorisation. Attention, l’autorisation demandée, les marges de manœuvre, « la liberté de mouvement »  dans la galerie commerciale peut-être beaucoup plus restreinte que dans la rue.

 

·        Modalités administratives ?

 

-        A paris c’est complètement inutile de demander une autorisation.

-        Parfois, il vaut mieux ne pas demander l’autorisation plutôt que se faire refuser.

-        Penser à prévenir les stagiaires dans la convention de stage qu’il peut y avoir modification du dispositif en cas de changement de temps.

 

 Concernant l’autorisation, le véritable problème concerne l’affichage. Le porteur de parole peut passer pour un truc pas trop politique, on peut penser à un truc artistique, ce qui est beaucoup plus confortable (pour plus d'explication demander à Franck un topo sur l'inoffensitivité de l'artiste), en revanche, c’est l’affichage qui est formellement réglementé.

 

ð     Mettre en avant dans ce cas là si problème le caractère éphémère.

ð     Sinon, y’a aussi le PdP ambulant ….voir plus en avant dans le document.

 

 

La question 

C'est la clé de voute de tout le dispositif.

 

 

Une question préalable au choix de la question peut être de se poser la question de ce qu’on cherche à obtenir, notamment la question : s’agit-il de faire du débat public ou de faire une enquête publique ?

 

·        La qualité de la question dépend de la qualité des réponses.

 

La question étant : qu’est ce qu’une bonne question ? Une autre façon de réfléchir peut être :

 

Etes-vous à l’aise, vous même, avec vos réponses?

 

Il faut que les réponses soient polémiques, pas nécessairement les questions...

 Par exemple: « Que faites-vous de votre temps libre » donne des réponses beaucoup plus intéressantes que « que pensez-vous de votre quartier ? »

 

ð     Les gens parlent de leur situation

ð     Les gens parlent de leurs  hobbies

ð     On leur parle de leur rôle dans le quartier

 

Avec la formulation sur les hobbies, on a des éléments de réponse à la question qu'on aurait pu poser directement sur le quartier sans tomber dans les poncifs caca-voiture-mobylette ou cahier de doléance.

 

 

·        Pré -tests

 

Faire un porteur de parole ambulant peut permettre de faire un pré-test.

 

On peut avant de choisir une question commencer par se poser la question entre nous, se faire des interviews mutuelles mais on peut aussi mettre en place une première phase de pré-tests qui consiste à poser la question  à notre entourage (les animateurs mais aussi le boucher, notre nièce, enfin qui on a sous la main).

 

Ce pré-test permettra de voir si :

 

-         les gens restent dans la question

-        si les gens apportent des réponses différentes

-        on observe une variété d’angles d’attaque

-        si les positions sont clivées : l’idée c’est d’arriver à avoir au moins un point de vu de droite.

 

Conseil:

 

-        Éviter les questions moralisantes, il s’agit souvent de questions qui ont une réponse dans leur formalisation.

-        Il faut que ce soit une question pour laquelle on (nous, l’animateur) a un intérêt certain, une question dont on attend  réellement des réponses. 

-        Évidement la question doit être compréhensible par tous... mais ce n'est pas toujours une évidence …. de l'intérêt des pré-tests

 

Astuce de langage : Formuler un stéréotype. « On dit souvent que ….qu’en pensez vous » « les jeunes veulent moins travailler qu’avant.

 

Exemple de question « Liberté, égalité, fraternité » lequel de ces termes vous touche le plus ? »

 

·        Deux possibilités: soit la question est clivante, soit on va chercher le clivage dans les réponses.

 

1) On peut prendre des oppositions type « travail chômage »=> ouvre sur les politiques de l’emploi, on peut soit poser une question clivante 

C’est l’idéal mais si les réponses ne sont pas intéressantes il faut se tourner vers la deuxième solution. 

 

2) Là il s'agit de prendre des questions générales et aller chercher le clivage dans les réponses. (Ex: Avez-vous des relations avec des gens d’autres générations? Être un homme c’est ...?)

 

Attention, une question générale, sur un public homogène, ça ne marche pas. Dans le cas d’un public homogène, ne pas poser la formulation clivante (pas la peine de poser une question sur le quartier à des habitants ou sur le syndicalisme à des CRS) il vaut essayer d’aller là ou on ne nous attend pas. Il faut aller chercher ce qui divise ce public. L’idéal serait la première solution mais selon Jérôme la deuxième permettrait de toucher un public plus large.

 

Type de clivage : présent/passé (avant c’était mieux)

 

-        Si l’objectif des porteurs de paroles est de faire une enquête publique, il peut être intéressant de poser une question qui prenne des détours.

-        On peut poser aussi une affirmation qui braque.

-        On peut aussi en cas de porteurs ambulant poser deux formulations de la même question  une générale et une plus intime sur le même sujet.

·        Ce qui est cherché dans La réponse !

 

Sur le fond : Une réponse qui donne un angle d’attaque particulier en valeur, donc pas une réponse générale ou une réponse donnée sous un angle trop classique.

 

Sur la forme : Une réponse qui soit singulière, ça veut dire avec des détails, des anecdotes et personnelle.

 

Un puis globalement ce qu’on cherche, ce sont « des perles » alors là c’est un concept très subjectif je crois, enfin je pense que c’est quelque chose qui nous touche d’une manière ou d’une autre.

 

Analyse du Lieu

 (Ce peut, par exemple, être un premier travail à faire avec des stagiaires)

 

Sur le lieu, on peut commencer par faire une installation au sol :

 

-        ce peut être un premier travail à faire avec des stagiaires

-         ce peut être un élément de la sensibilisation au PdP

-         ce peut aussi permettre d’expérimenter le lieu et voir comment les gens se comportent repérer les parasitages éventuelles, les flux, les frontières invisibles etc.

 

Les flux :

 

Petit flux : discussions + longues et plus confortables mais moins nombreuses

Grand flux : discussion plus courtes, moins confortables mais bcp plus nombreuses.

 

·        Que peut-on faire la deuxième journée de travail avec les stagiaires ?

 

On peut faire un débriefing en regardant le film de la journée et ou des photos. Ça permet non seulement d’observer les postures des animateurs, voir ce qui marche ou pas mais aussi d’observer le comportement des passants qui n'étaient pas nécessairement dans notre champ de vision (Dans cette perspective il semble important qu'un formateur n'ait que cette seule mission, de filmer)

 

A cette occasion prise de conscience que l’espace public est travaillé par des règles sociales implicites (exemple des frontières invisiblement), on est sous un régime d’indifférence organisé, ni les corps, ni les regards ne doivent se rencontrer. Le regard trace avant le corps un couloir imaginaire de manière à ne toucher personne au cours du déplacement. Ensuite ce sont des décisions fractionnelles, rapides qui devront modifier le trajet du passant en se déplaçant... pour cette raison, tout ce qu'on revoit d'infra verbal aura de l'importance puisque sera analysé très rapidement.

 

Les trucs qui traditionnellement permettent de transgresser cette norme  sont les questions du type: où est la gare, avez-vous l’heure, avez-vous du feu ? La rue est  une scène où les individus jouent des rôles dans un cadre réglementaire implicite mais fort. Les comportements qui transgressent ces règles sont repérés par les gens comme étant :

 

-        des manifestations

-        la manche

-        les enquêtes commerciales

-        du prosélytisme politique ou autre

-        du spectacle

-        des bizutages

-         

Ce sont donc à ces personnes que vont penser en première analyse les passants.  En mettant en place ces Porteurs de parole nous nous trouvons aussi à transgresser les règles implicites de la rue selon les quels « on ne parle pas à des inconnus … encore moins de politique ». On va  faire effraction dans ces règles, certaines sont tolérées mais codifiées.

 

Il faut chercher à ce que les gens ne nous mettent pas dans des cases qui provoquent la fuite. Ils ne diront pas que « c’est rien de ce que je connais »

 

Par contre question de savoir si c’est mieux qu’ils nous mettent dans une case plutôt qu’une autre. La case artiste marche pas mal => c’est un choix pragmatique.

 

La rue est un lieu d’auto control collectif, une scène ou chacun se surveille. Chacun prend pleins de discussions en des micros secondes. De loin les gens vont donc nous mettre dans la case la plus approchante des transgressions qu’ils connaissent. Pour cette raison l’esthétisme, notre allure et nos fringues vont compter. Le premier contact est un contact non verbal.

 

 La composition de l’équipe compte donc aussi : Il peut être intéressant donc d'avoir « des personnes qui ne se ressemblent pas dans l'équipe (penser au sexe et aux génération notamment).

 

Il faut éviter de se retrouvé enfermé dans un pré case. Des choses passent dans le non verbal, nos fringues mais aussi des fautes d'orthographe par exemple sur les panneaux. Le but du jeu est de « travailler pour le dernier de la classe ».

 

Conseil:

 

Profiter de toutes les interactions faibles: « vous pouvez me tenir la ficelle s’il vous plait ? » ou « comment vous vous écririez ça ?

 

 

La question du script 

 

On peut prévoir à peu près un script pour trois animateurs

           

Est-il important de bien écrire ? Tout le monde n’est pas d’accord sur ce point, en revanche il semble manifeste que l'orthographe puisse être discriminant auprès de certaines populations.

Est-ce que les gens peuvent écrire ? Certainement mais il faut l’animer. Ça ne doit pas être une contrainte mais une solution, il faut donc le prendre en compte et recruter des gens disponibles et capables de faire ça.

On peut aussi baliser un espace « libre expression » (pour que les gens qui veulent vraiment écrire puissent le faire sans pourrir les panneaux ?)

Nous avons abordé la question du style et du vocabulaire. Je ne sais pas si quelque chose a été tranché à ce sujet, l'idée est cependant je crois que la formulation garde son caractère spontané et orale. On peut par exemple retranscrire aussi un dialogue.

 

Porteurs de parole ambulants.

 

On peut fonctionner sur la base d'un dispositif statique mais aussi en déambulant. Dans cette situation ce peut être mieux d'être deux pour que l'un interpelle avec le panneau et que l'autre puisse prendre des notes en revanche il ne  semble pas pertinent de mener l'entretient un deux.

 

Intérêt de la méthode:

-                   c'est la manière la plus minimaliste de faire un porteur de parole, elle permet de se rendre compte que c'est facile, que c'est possible de parler à des gens dans la rue.

-                   Ça peut permettre de contourner le caractère illégal de l'affichage.

-                   Ça peut permettre de tester une question.

 

 

 

Autres trucs en vrac:

 

Entre collègues il peut être intéressant de se donner des codes pour pouvoir intervenir dans le cas où un collègue est empêtré dans une discussion. Idée de se donner des codes pour soulager un collègue en difficulté

 

Conseil en vrac:

 « Vous n’aurez pas une ou deux minutes » ça doit être une des pire entrée en relation.

 

Seule véritable règle pour aborder les gens : « s‘autoriser de la relation «.

 

Partir de l’autre : « vous avez l’air septique. Ca vous fait marrer.

 

Métaphore de la drague. Métaphore d’un bon vendeur : « te fais comprendre qu’il est disponible mais que tu vis ta vis ».

 

Le bon moment pour aborder les gens : il faut qu’ils aient commencé à lire.

 

Un autre truc : quelqu’un  est vu en train de voir ton truc et de le consommer se sent tenu de rendre quelque chose, se sent redevable. Ce peut être ce genre de comportement qui légitime l’espace moineau.

 

 

Quand un espace est créé il faut qu’il permette de sortir.

Il ne faut pas rajouter des frontières, un espace peut être fermé physiquement, symboliquement ou pour des raisons identitaires.

 

Qu’est ce qu’un entretien vertueux ?

 L’idée c’est de travailler pour les derniers de classe, pour les moins convaincu, pour ceux qu’on aurait le moins de probabilité de rencontrer.

Discussion sur les modalités de l’entretient, sur la pertinence de pousser les gens dans leurs retranchement pour les amener à une parole qu’on considère politique, sur l’intérêt ou non de partir de l’intimité.

Jérôme : « Ce que je préfère c’est plutôt tirer des bords » (ou métaphore de la danse), parler d’autres choses, il faut que les gens oublient que c’est une enquête. On va passer du singulier au général régulièrement. En réalité la parole recueillie est une coproduction entre l’animateur et le passant.

Ce  qu’on cherche lors d’un entretien c’est une réponse singulière, intelligente, inter subjective. (Penser à la misère du monde de Bourdieu), « ce qu’on cherche ce sont de perles ».

 

-        Penser qu’écrire la parole de quelqu’un c’est symboliquement énorme.

-        Expliquer à la personne ce qu’on va faire de la discussion.

-        Lui demander son prénom et son âge pour écrire des éléments de la discussion sur les panneaux.

-        Faire relire à la personne ce qu’on a décidé d’écrire ?

 

 

·        Trucs d'animation pour toucher un public large.

 

On peut mettre en place des jeux avec les animateurs pour essayer de diversifier son public. Carte genre loto, le premier qui a « entretenu » deux jeunes, deux vieux, deux femmes en robe, un baba cool...

Comment élargir son répertoire d’action ?

 

-        On peut utiliser le porteur de parole pour faire pleins d’expérimentations sur pleins de choses, pour faire pleins d’enquêtes mais aussi mettre en place un dispositif avec pleins de réponses sans objectif d’enquête.

 

-        On peut installer les réponses d’un précédent porteur de parole et animer (ou pas) un débat public.

-        Exemple d’élargissement du porteur de parole à la mode STAJ interaction personne-milieu/aménagement de l’espace =>  Ce dispositif permet de répondre à une plus grande variété de besoins, de respecter le maximum d’identité et de trajectoires.

 

Il s'agit de proposer un aménagement de l'espace (en étoile par exemple, avec au centre les panneaux) proposant différentes zones permettant de faire venir au porteur de parole des personnes à travers d'autres accroches. Ces zones pourront être très diverses (de l'expo photo  à une table-café-gâteau à une  zone de gratuité (c'est une zone on chacun laisse les objets dont il veut se débarrasser et où tout le monde peut se servir, il ne s'agit pas d'une zone de troc mais bien de gratuité, il s'y joue des choses très différentes) l'idée est de multiplier les supports de manière à toucher le plus de différence, le plus d'âges et cultures différentes. 

 

On élargit les surfaces de contacte entre les différences culturelles. Sur chaque pôle on peut alors mettre en place les trois espaces du porteur de parole décrits ci-dessus (moineau, pêcheur, espace de relation directe.)

 

Cette stratégie permet une mobilisation de tout le monde, permet à tout le monde d’avoir une place mais aussi à tout le monde de prendre des risques en étant dans un environnement sécurisé.

 

Quelques questions que  pose le porteur de Parole ?

 

 (C'est certainement la partie du document qui méritera le plus d'approfondissement)

 

-        Comment passer d’une parole perso à une parole publique. C’est une limite réelle du porteur de parole.

-        Discussion sur la communication et la publicité, une position, celle de Jérôme est de dire qu’il y’a des outils, les outils de nos ennemis, il n’y a pas de raison de les leur laisser. Une autre, la mienne notamment (manu) est que les outils ne sont pas neutres (la dessus on est à peut près tous d’accord) et qu’ils interagissent sur nous. Leur non neutralité est opératoire.

-        Intérêt des porteurs de parole, comme outils de communication : Ça permettrait aux gens d’écouter puisque eux ont été écoutés.

 

Que peut on fait derrière un porteur de Parole.

-         

-        Espace de ritualisation du débat

-        Parole = patrimoine

-        Parole circulante

-        Exposition dans le Hall

-        Livret de communication physique ou virtuel (internet)

 

On peut aussi analyser des données, faire des catégories des points de vus suivies d’hypothèses pour ensuite repartir dans la rue pour  questionner ces hypothèses.

 

Chutes et biblio donnée par Jérôme Guillet (Matières prises) :

 

L’enquête peut être une en quête ‘Dewey  un processus jouissif de quête.

« Ce qui est visé c’est une sorte de maïeutique et cette pratique nécessite une compétence sociale ».

« Ce qui compte ce n’est pas ce que vous provoquez mais qui vous êtes. »

« Travailler le phénomène de sympathie »

J. Dewey : Le public et ses problèmes.

Les ressources de l’espace public sont niées « Goffman »