FORMATION

 

En 1971, la loi sur l’éducation permanente, grande victoire de l'après 68 arrachant le savoir adulte des universités, se pervertit dans « formation continue ». Le droit de s’instruire à tout âge devient le devoir de se former toute sa vie, de se rendre employable dans une société ultra productive et compétitive. Quand le chômage est un choix d’organisation de l’économie, on se forme pour rester dans la compétition ! L’OCDE déclare dans un rapport récent : « La décision politique d’encourager l’apprentissage tout au long de la vie est destiné à fournir aux grandes entreprises européennes l’infrastructure éducative qui est essentielle au maintien de leur taux de profit ». A l’heure où les « qualifications » qui dessinaient des métiers font place aux « compétences » qui ouvrent à des emplois,  se former sans arrêt, c’est ne jamais avoir un métier. L’âge n’est plus garant d’un savoir faire, mais c’est un handicap qui sera comblé par...l’envoi en formation, (ou le décrochage). Il faut « apprendre à apprendre » sur son temps de loisirs et à ses frais, via des logiciels qui sont tout prêt à inonder le marché. Le  droit à l’éducation tout au long de la vie  devient une obligation jusqu’à ce que mort s’ensuive de s’adapter professionnellement à la destruction du travail : la plus belle sornette que l’on peut relayer à gauche en croyant bien faire.

Exercice de traduction : Le droit à l’éducation tout au long de la vie offrira à chacun l’occasion de construire son parcours personnel et d’en changer.

 

La destruction des systèmes éducatifs nationaux laissera chacun seul face l’obligation de s’adapter au marché de l’emploi et d’abandonner toute carrière.