CONTRAT
Contrairement à tradition révolutionnaire française pour laquelle l'individu est titulaire de DROITS inaliénables, dès sa naissance ou conquis par la lutte, dans la philosophie libérale anglo-saxonne les relations sociales sont supposées régies par une sorte de « contrat » volontaire dans lequel l'homme accepte une certaine aliénation en échange d'une certaine sécurité. La différence n'est pas mince. Ce pseudo « contrat » est une façon de faire accepter par la victime sa domination, son oppression ou son aliénation, en faisant croire à son adhésion libre et volontaire à cette agression. Ce « contrat » sert à éteindre sa révolte.
N'importe quel éducateur a usé jusqu’à la corde le vieux gag qui consiste à « passer un contrat avec les jeunes »… et le « contrat d'établissement » que l'école fait signer aujourd’hui aux élèves sous prétexte de citoyenneté n'est qu'une liste d'interdictions, un marché de dupes !
Comme le déclarait tel maire lors d'un colloque sur la banlieue : « j'ai passé un deal avec les jeunes…une promesse de pistes de skateboard contre une baisse sensible des incivilités pendant un an. ».
L'expression : « acheter de la paix sociale » prend ici tout son sens ! Il y a encore beaucoup de travail pour expliquer aux élus qu'ils ne sont pas là pour "dealer", mais pour donner à la souffrance sociale des jeunes une traduction politique dans l'espace public.
En droit français, un contrat suppose la liberté des contractants et une égalité de position. Il n'y a pas de « contrat » entre les ASSEDIC et un chômeur qui est obligé de signer le PARE pour avoir le droit de manger.
L'indemnisation de perte d'emploi n'est pas le fruit d'un « contrat » mais d’un DROIT, toujours à préserver et à défendre. En prenant les ASSEDIC au mot, la justice de Marseille qui rétablit les chômeurs dans leur DROIT rappelle que le contrat, en France, reste un dispositif juridique contraignant, même quand on veut l'utiliser comme une entourloupe idéologique à l'américaine. Aucun chômeur sain d'esprit ne signerait de sa propre volonté un engagement à une « recherche positive d'emploi, » telles que le PARE l’y oblige actuellement. Ce « contrat » honteux fait peser sur le chômeur la responsabilité de sa situation et fait oublier que si le chômeur en est là, c'est qu'un patron l’a licencié contre son gré.
« Contrat Emploi Solidarité », contrat d’emploi « consolidé », combien d’entorses au droit du travail nous réserve-t-on encore pour nous exploiter à moindre coût ? Grâce aux « contrats » il n'y a plus de patrons ni d'employés, d’exploiteurs ni d’exploités, de mairies donneuses d'ordre et d'associations exécutantes, il n'y a plus que des « partenaires »... La vie est belle !
Quand le recours au contrat brise le contrat social, le « plaider coupable » n’est pas loin. Dans cette autre histoire, Droit et Justice n’ont pas dit non plus leur dernier mot.
Exercice de
traduction :
Les élèves et les
enseignants ont été invités à signer le contrat de citoyenneté du lycée.
Les élèves n’ont pas eu d’autre choix que de se soumettre au nouveau règlement disciplinaire.