Cohésion sociale

La cohésion sociale est un concept généralement employé par les responsables de la droite modérée souhaitant donner un volet social à leur action politique sans souscrire à l'idée de gauche de lutte contre les inégalités. Traditionnellement, l'approche qualifiée "de droite" en France considère les inégalités comme naturelles. C'est pourquoi il est vain, selon cette approche, de vouloir lutter contre elles. La pensée "de gauche" considère que les inégalités sont le fruit de la société et fait de la lutte contre les inégalités l'un des fondements de son action tandis que la droite cherche à donner suffisamment de liberté à l'individu pour qu'il puisse se réaliser et, accessoirement, maintenir la cohésion de la Nation en évitant que les inégalités devienne trop criantes.[1]

Comme tout irait  bien si les pauvres, en plus d’être exploités, refusés à l’emploi, discriminés au logement, humiliés à l’école, etc…se tenaient sages et acceptaient humblement leur condition sans faire de vagues ! Ah la belle cohésion sociale que l’on aurait là : les riches au bord de leur piscine, les pauvres dans leur cage d’escalier, et tout le monde respectant ce bel agencement naturel !

Ce concept qui sert à identifier les « frontières » de la collectivité, soit les inclus, les marginaux et les exclus, repose toujours sur le partage de valeurs communes, d’un certain art du « vivre ensemble » Les « enthousiastes » de la  cohésion sociale, y voient moyen utile de masquer les effets de la violence économique par un appel au respect de valeurs partagées. On ne brûle pas une voiture (c’est contre la cohésion sociale) mais on peut licencier 7.000 pères de famille dans la même ville (Michelin) ou rafler la distribution de l’eau dans un pays d’Afrique et faire crever quelques milliers de pauvres supplémentaires en multipliant le prix de ce précieux liquide (Vivendi), cela ne nuit nullement à la cohésion sociale. Les multinationales  européennes qui ont fait une razzia sur les entreprises des pays de l’est en propulsant le chômage à 40%, sont attentives, par la voix du conseil de l’Europe, à ce que ces gouvernements veillent à leur cohésion sociale avant d’intégrer le paradis capitaliste européen .

 

L’Etat qui laisse les directions d’entreprises détruire délibérément des millions d’emplois en pleurnichant sur l’aide la concurrence,   semonce les travailleurs sociaux afin qu’ils suscitent (par quel miracle ?) au sein du peuple :

- Un sentiment d’appartenance à une même communauté, de partager les valeurs d'un même collectif;

- un sentiment de participation qui n’est en fait qu’une information  sur les décisions déjà prises

- un sentiment de tolérance envers les autres pauvres et qui prêche l'acceptation du multiculturalisme;

- un sentiment de respect  des institutions publiques et privées supposées agir comme médiateurs des conflits.

 

Quand les pauvres ne marchent pas, l'absence de réalité ou de consensus sur une ou plusieurs de ces dimensions explique les états d'in-cohésion sociale d'une société ou d'une communauté.

 

Exercice de traduction : Soucieux de  mixité sociale, les acteurs  de la politique de la Ville veilleront à favoriser la cohésion sociale dans les opérations de renouvellement urbain.

 

Afin de disperser les pauvres sans qu’ils ne se défendent,  les agents du contrôle social veilleront au maintien de l’ordre pendant les opérations juteuses de démolitions et les reconstructions.

 



[1] Wikipedia. (http://fr.wikipedia.org)