PARTICIPATION

 

La démocratie participative s’oppose en principe à la démocratie représentative, mais la confusion est complète. Chaque fois que vous réclamez plus de participation, c’est en réalité plus de délégation que vous désirez : (un nouveau « conseil » de jeunes, de femmes, d’habitants, d’immigrés, d’handicapés,  une nouvelle association, une nouvelle plateforme, etc…). Etes vous favorable à l’évaluation des enseignements par les élèves eux-mêmes (et non leurs représentants) ? Non ! A celle des programmes scolaires par les enseignants eux-mêmes ? Non ! A celle des politiques de logement des OPHLM par les habitants eux-mêmes ? Non ! A la marche de l’hôpital par les infirmières elles-mêmes ? Non ! Tout le monde est pour la participation, à condition de ne participer…à rien !

 

Dans le nouveau système de « gouvernance » locale ou nationale, le pouvoir désigne des associations, convoquées en tant qu’expertes, chargées de représenter des intérêts particulier et de valider des décisions politiques auxquelles elles sont faussement associées. L’impression de démocratie est sauve et le pouvoir peut prétendre qu’il a consulté, associé, fait « participer », mais le pouvoir de modifier la politique définie en amont est à peu près nul ! Tout autre serait la revendication de construire de la délibération publique, contradictoire, conflictuelle, autour de la politique en cours d’élaboration, en y associant les usagers destinataires, les agents associatifs, les fonctionnaires chargés de l’appliquer, les élus politiques chargés de l’imaginer, et les simples citoyens considérés comme autre chose que des clients. Il ne s’agit pas de démocratie directe sur le mode du sondage (« ô, jeunes, que voulez-vous ? »), mais de processus longs et rigoureux, s’apparentant aux méthodes de la recherche-action ou de l’enquête sociale, associant toutes les catégories concernées par une politique publique, et permettant d’en retravailler les contradictions vers plus d’intérêt général, moins d’inégalités, etc.

 

Exercice de traduction : « Le conseil de participation des habitants a accueilli positivement l’embauche d’emplois-jeunes médiateurs locaux du lien social ».

 

Les représentants validés du pouvoir local ont fait taire les contradictions d’une mesure aussi aberrante,  anti-pédagogique et discriminatoire que celle consistant à demander sans qualification professionnelle à des immigrés de la deuxième génération de calmer les immigrés de la troisième génération pour la tranquillité du centre-ville.