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EDUCATION TOUT AU LONG DE LA VIE
EDUCATION TOUT AU LONG DE LA VIE
Derrière cette généreuse formulation, l’attaque coordonnée du patronat européen : la condamnation à se former jusqu’à ce que mort
s’ensuive ! Pour se rendre « employable » et faire disparaître la notion de
« métier » (et toutes les mobilisations syndicales qui y étaient
liées) il faut remplacer les « qualifications » établies une fois
pour toutes, par des « compétences » changeantes. Vive l’entrée dans
la « précarité » et « l’imprévisibilité », vive la
« société du risque » chère au MEDEF qui n’en prend aucun. « La
vie est précaire, l’amour est précaire, pourquoi le travail devrait il ne pas
l’être ? (L. Parisot, Présidente du Medef).
Le concept « d’éducation tout au long de la vie »
inventé par Jacques Delors, a été développé et diffusé par l’OCDE, boîte ultra
libérale au service du patronat européen,
très éloignée des préoccupations gauchistes de promotion du peuple Aujourd’hui, l’éducation et la formation tout
au long de la vie absorbent la totalité de la formation et doivent à la fois
mettre l’accent sur l’apprentissage qui va de l’enseignement préscolaire
jusqu’à l’après-retraite, et couvrir toute forme
d’éducation, qu’elle soit formelle, non formelle ou informelle.
Le plus horripilant
n’est pas le cynisme du patronat, mais la crédulité avec laquelle les
associations socioculturelles ont adopté cette nouvelle gourmandise en y voyant
la mise en œuvre du projet d’éducation populaire, ou peut-être plus
pragmatiquement un bon petit marché juteux !
Les exigences des employeurs se sont imposées en douceur grâce à ce petit mensonge de traduction : en Europe, les textes parlent bien d’apprentissage tout au long de la vie. Déjà en 1971 une victoire de l’immédiat après 68, la loi sur « l’éducation permanente » avait glissé vers des dispositifs de « formation continue » au service des entreprises, ce qui n’est pas du tout la même chose. Même si la part d’utopie qui fait la force de l’idée d’éducation permanente a suscité quelques mesures plus conformes à l’ambition d’origine, comme le congé individuel de formation introduit dans la législation en 1982 Le résultat est que ce sont les actions courtes d’adaptation aux évolutions de l’emploi qui se sont taillées la part du lion. Si vous êtes chômeurs, demandez donc à l’ANPE ou aux Assedic de vous faire financer une licence d’histoire, Je vous parie qu’on vous proposera un stage court de découpage en poissonnerie
L'enseignement doit soutenir la compétition économique tout en se privatisant. Un dualisme des niveaux d'instruction doit s'installer puisque 65% des créations d’emplois en Europe dans les dix prochaines années seront des emplois non-qualifiés. A quoi bon former des philosophes ? l'éducation est un formidable marché qui représente en volume le double du marché automobile mondial, mille milliards de dollars scandaleusement laissé aux service publics et qui échappent à la spéculation privée. Si l’union européenne veut être « l’économie de la connaissance la plus compétitive », il faut démanteler les systèmes nationaux d’éducation, c’est sa priorité sous pression des grands groupes privés éducatifs. Il va falloir « apprendre à apprendre », c'est-à-dire apprendre chez soi, sur son temps de loisir non pris en charge par l’employeur, avec des logiciels éducatifs ! Vive la « société de la connaissance et de l’information », vivent les « NTIC ».
Traduction : « Dans la société de la connaissance, les jeunes devenus adultes auront le droit de continuer à s’éduquer tout au long de la vie. »
Ou :
Dans le capitalisme culturel tertiaire informatisé, ceux qui ne s’adaptent pas rapidement aux innovations technologiques seront exclus de la société