L’après-développement
?
Par Silvia PEREZ-VITORIA
Membre
de la "Ligne d’Horizon - Les Amis de François Partant",
auteur de
"Chroniques de l'après-développement", 2002
Je suis économiste de formation et plutôt
spécialisée dans les problèmes agricoles, les problèmes du «développement». Je
suis co-présidente de l’association «La ligne d'Horizon - Les amis de François
Partant». François Partant était un économiste français décédé en 1987 et qui a
conduit une carrière tout à fait classique de banquier du développement. Il est
allé dans les pays du Tiers Monde pour essayer de les développer. Et puis
il a pris conscience au fur et à mesure du sa pratique que ce qu'il était un
train de faire était très exactement l'inverse de ce qu'il pensait faire
c'est-à-dire qu'au lieu de développer les gens il était en train de les
enfoncer un peu plus. A partir de là, il est sorti de son métier, il est allé
s'installer dans un petit village du sud du la France où il a commencé à mener
une critique très radicale du développement et d'une façon générale du système
économique mondial. Il a écrit plusieurs livres. Le plus connu s’appelle «La
fin du développement». II avait également créé un réseau qui réfléchissait aux
alternatives et aux systèmes et quand il est décédé un groupe de gens a édité
un livre qu'il avait laissé sous forme manuscrite « La ligne d'horizon » d'où
le titre de notre association. Nous avons décidé de poursuivre sa réflexion et
ses analyses en essayant de suivre ce qui se passait dans l’actualité. La ligne
d'horizon est donc un groupe de réflexion qui a au centre de sa réflexion la
critique du développement.
Nos activités sont principalement des
organisations de débats, conférences, colloques : «Le travail a –t-il
une avenir sur terre ?», «Sortir de l'imposture économique», «Silence on
développe la pauvreté»… «Défaire
le développement. Refaire le Monde». C’est très ambitieux. Refaire le monde
est un peu un clin d'oeil car je ne pense pas qu'il existe un modèle unique. Il
aurait mieux valu «refaire les mondes». Pendant trois jours nous avons eu des
gens du monde entier. A la fois des théoriciens et des praticiens venus montrer
qu'il était possible de définir des alternatives au développement. A notre avis
il faut remettre en cause le développement, toutes les formes de développement
et en quoi finalement le développement n'est pas une solution mais plutôt un
problème. Quand on parle du
développement les premières images qui nous viennent sont des images tout à
fait neutres : une plante se développe, un enfant se développe, toute chose se
développe et apparemment il n'y a là rien de mal, c’est plutôt bien. On
augmente on croît. C’est connoté positivement
Qu’est-ce que le développement?
L'application de la notion de développement
aux sociétés, c'est-a-dire la nécessité d’avoir des
sociétés qui se développent et qu'on développe est une notion extrêmement
récente. Elle date très exactement – et c’est de là que vient le concept de
développement - du 20 janvier 1949. Le président des Etats Unis, Harry
Truman dans son discours sur l'état de l'Union a parlé pour la première
fois de pays «sous-développés» en exposant qu'il y avait des zones arriérées
sur la terre, que leurs habitants étaient sous développés et que les Etats-Unis
et les pays riches devaient unir tous leurs efforts pour aider ces gens à se
développer. C'est la première fois qu'avec une phrase, plus de deux milliards
d'individus qui avaient des identités différentes qui pouvaient être les
Amarras, les Quechua, les Africains, les Maghrébins… toutes sortes de cultures
se sont vues cataloguer sous-développées. Du jour au lendemain une quantité de
gens, de modes de vie, de cultures, de savoir-faire, de pratiques, se sont
retrouvés dans cette catégorie unique des sous-développés. Ainsi est né ce
dilemme redoutable développement/sous-développement qui a structuré les cinquante
dernières années, de pratiques internationales de développement et par la même
occasion le terme «développer» est devenu transitif, on a pensé qu'il fallait
«développer les sociétés».
Effectivement on a « mis le paquet ». Toutes
sortes d'organisations se sont mises à pratiquer le développement. Je reviens
sur le 20 janvier 1949 car c'est la fin de la seconde guerre mondiale et c'est
surtout la fin de la colonisation. On peut dire que le développement a
avantageusement pris le relais de la colonisation. A partir du moment ou les
peuples ont commencé à revendiquer leur indépendance, on a fait naître cette
notion de développement de façon à les «aider» à se développer, et je dois dire
que tout le monde y a cru. Il y avait quelque chose d’un peu missionnaire, on
allait enfin aider ces gens qui étaient pauvres. Si on veut réfléchir à ce que
ça voulait dire, c'étaient des gens qui ne vivaient pas comme nous et qui
peut-être n'avaient pas la même manière de voir, les mêmes besoins tout
simplement parce qu'ils n'étaient pas comme nous. On a défini leur besoins pour eux, et on s’est donné les moyens de
satisfaire ces «besoins». On a créé des organisations considérables. Toutes les
organisations des Nations Unies, y compris bien sûr la Banque Mondiale, le
Fonds Monétaire International… Tout le monde a travaillé à développer ces
pauvres pays qui étaient exsangues, n'avaient rien, étaient incapables par
eux-mêmes d'avoir une quelconque expertise sur leur situation. Dans les pays du
Nord cela a correspondu à ce que l'on appelle les « trente glorieuses». Période
extrêmement faste apparemment.
Mais quand on regarde le bilan
actuellement, c’est une catastrophe pour les pays du Sud (les trois quarts de
l'humanité) et pour l’environnement. Cette «ère primaire» du développement, des
années 1945 aux années 1980, est une période où notre niveau de vie à nous
s’est peu à peu amélioré, mais où les trois quarts de l'humanité ont basculé
dans la pauvreté. Ce n'est pas complètement neutre puisque comme vous la savez,
maintenant nous ne nous occupons plus du «développement» mais d'essayer de
résoudre la question de la «pauvreté», un problème que nous avons
entièrement créé par le développement. Quelques analyses chiffrées permettent
d’établir le résultat de cette fameuse ère de développement : l'écart entre les
pays les mieux placés et les moins bien placés en 1700 était de 1 à 2. A la fin
du XIXème siècle il était de 1 à 5. En 1960 de 1 à
15, et en 1980 de 1 à 45. Qui a t'on développé ? Sans doute nous mais en tous
cas on a plutôt enfoncé les pays du Sud par rapport à leur situation à la fin
de la seconde guerre mondiale.
Pour essayer de comprendre cette histoire
de développement je vais partir des pays du Nord. La question du développement
est surtout importante chez nous puisque ce qu'il y a derrière cette idée,
c’est que notre développement est bon et qu’on va l'apporter aux autres.
Regardons d’abord notre développement. Comme je suis versée sur les questions
agricoles, je vais prendre l’exemple de l'agriculture qui est sans doute le
pont avancé de cette logique du développement (et maintenant de la
mondialisation). Dans le développement de l'agriculture - c’est-à-dire son
industrialisation - en France comme aux Etats-Unis (ou en Bretagne remarquable
sujet d'illustration) trois choses ont été détruites: le paysan,
l'environnement, et le produit.
Le paysan : En termes de destruction du
travail agricole et de perte du nombre de paysans dans la population active,
entre 1850 et 1946, la France a perdu la moitié de ses paysans. Une véritable
hémorragie. Dans le cas de la France nous avions, avec un développement
industriel, des possibilités de recaser ces paysans. Quand on réfléchit à ce
qui se passe à l'échelle mondiale on est dans un tout autre registre et
l'entrée des nouveaux pays dans le cadre de l’élargissement de l’Union
Européenne, signifie la disparition de dix millions de paysans. Le processus
est donc loin d’être fini. En Chine, particulièrement, qui vient d’adhérer à l’OMC, les prévisions les plus optimistes amènent à penser que
200 à 250 millions de paysans vont disparaître. On ne sait pas du tout ce
qu’ils vont devenir. Le «développement agricole», cela veut dire la
transformation du travail agricole par la mécanisation, l’utilisation
d’engrais, d’énergie fossile. La civilisation agricole a basculé et est devenue
une production marchande industrielle. Un des critères généralement admis et
considéré comme l’un des critères de développement par les économistes du
développement, est précisément qu’il ne faut pas qu’il y ait beaucoup de
paysans dans un pays développé. On se demande bien pourquoi?
L’Environnement : Erosion des sols,
pollution chimique, diminution de la biodiversité. Dans certaines régions des
Etats-Unis et de l'Europe, 200 tonnes de terre sont perdues par hectare et par
an. En France en 1906 il existait environ 3610 variétés de pommes, pour 10
aujourd'hui sur le marché, dont 4 variétés américaines qui fournissent 92 % du
marché. Dans les pays du Sud, l'application de l'agriculture industrielle a des
conséquences bien plus graves. Les sols étant bien plus fragiles, les
conséquences sont dramatiques et souvent irréversibles. La mondialisation étant
une poursuite du développement, on est entré dans un nouveau registre en
matière d'agriculture avec la brevetabilité du vivant et les OGM, où le
processus de marchandisation atteint des proportions qui vont au coeur même du
vivant avec tous les risques que cela peut comporter.
Le produit : Encéphalite
spongiforme bovine, tremblante du mouton, Listéria, Salmonelle, poulet à la
Dioxine, boeuf aux hormones… toutes sortes de produits qui sont contaminés et
je passe sous silence le fait que 80% des produits agroalimentaires contiennent
des colorants chimiques, des additifs : toutes sortes de produits pour lesquels
on n'a strictement aucune idée des conséquences qu'ils peuvent avoir sur la
santé.
Les partisans de l'industrialisation de
l'agriculture disent que c'était très important de produire, et effectivement
la fin de la seconde guerre mondiale, il y avait une pénurie alimentaire et il
fallait absolument produire. Mais à partir des années cinquante on était déjà
en excédent. On l’a été très vite. La surproduction alimentaire a
commencé à poser des problèmes dès la fin des années cinquante à L'Europe, à
chacun de nos pays, avec en plus la nécessité d'exporter ces surplus agricoles,
ce qui va contribuer à appauvrir un peu plus les agriculteurs des pays du Sud.
Je vous rappelle que selon les économistes du développement, (j'en suis issue
donc j'en parle en connaissance de cause), un des critères du développement
c'est la faible part que représente l'alimentation dans le budget des ménages.
Effectivement, dans le cas de la France, elle est passée de 43% du budget des
ménages en 1951 â 16% actuellement. Pourquoi est-ce un critère de
développement? ''
A partir des années 90, on n'a plus
beaucoup parlé de développement mais on est rentré dans cette ère de la
mondialisation, terme mis à toutes les sauces. Pour vous montrer comment il
existe une continuité entre colonialisme, développement et mondialisation, je
vais prendre un exemple qui a traversé les trois époques, et tous les gens qui
ont travaillé dans des associations de solidarité peuvent avoir des exemples en
tête - c'est l'articulation entre cultures vivrières et cultures d'exportations
dans les pays du Sud. Au moment de la colonisation, on avait besoin tous, des
cultures d'exportation pour notre développement. On ne s’est pas gêné et on a
cultivé partout où c'était nécessaire dans le monde, en Afrique, en Amérique
Latine, des produits dont nous avions besoin. Au moment des indépendances on a
dit aux pays : « Vous savez, si vous voulez vous développer, vous n'avez qu'une
chose à faire, produisez des cultures d'exportation pour avoir des devises». Et
donc les cultures d’exportation se sont accrues au détriment des cultures
vivrières. Les trois quarts de l’aide au développement par un biais ou par un
autre sont revenus dans les pays qui l'ont envoyée. Le résultat pour les pays
du sud étant un endettement considérable qu'il va falloir effectivement gérer à
partir des années 80. On a donc dit à ces pays: « Mais voyons, vous êtes
tellement endettés il n'y a qu'une solution, vous devez continuer à faire des
cultures d'exportation pour payer vos dettes ». Cette logique traverse toutes
ces années là et on voit très bien la manière dont s'articulent les programmes
de développement et le pillage des pays du sud. Comment se fait-il, alors que
les pays d'Afrique et d'Amérique Latine ont des richesses considérables, qu’on
est en train de dire, « il faut gérer la pauvreté ».
Développement ou mondialisation ?
La mondialisation est l'accentuation de la
marchandisation à de nouveaux secteurs. C'est une perte de pouvoir des Etats.
Dans les pays du Sud, les programmes d'ajustement structurels mis en place par
le FMI et la BM pour faire payer les dettes sont des programmes qui sont
rentrés très profondément dans le peu d'Etat que ces pays avaient construit car
la capacité que les pays du Sud avaient de construire des états autonomes a
toujours été quelque chose de très problématique. Disons que pour ceux qui
avaient pu construire des Etats, ces Etats ont été littéralement balayés par
les Programmes d’Ajustements Structurels puisque ces politiques allaient
jusqu'à entrer dans les administrations, mettre des experts pour s'assurer que
ces pays vont bien payer leurs dettes. Il faut prendre en compte également
l'énorme concentration de pouvoir dans un certain nombre de grandes firmes
multinationales qui sont pratiquement les seules à pouvoir aller d'un point à
l'autre de la terre soit pour déplacer des produits, soit pour déplacer des
usines, soit pour déplacer des populations. On a des exemples à foison : les
bateaux qui coulent à nos portes, les luttes des immigrés, le travail des
enfants etc. Je m'en tiendrai à une
définition extrêmement simple du développement : je reprends la définition de
Gilbert Rist : «C'est la transformation des relations sociales et des biens
naturels en marchandise susceptibles de répondre à une demande solvable».
Donc c'est une marchandisation généralisée et systématique. La capacité que
peuvent avoir d'autres modes d'organisation dans ce système là s'est à chaque
fois amoindrie.
Dans le cadre de notre colloque en mars
2002, un intervenant Sri Lankais qui travaille aux Etats Unis dans les
banlieues de Chicago expliquait la manière dont une des notions généralement
utilisées en économie est la «rareté», ce qui donne la valeur aux biens. Il
disait que la rareté à part des cas très limités était une construction
sociale. II donnait un exemple extrêmement parlant. Les plantes ont besoin
d'azote pour pousser. On peut amener l'azote de plusieurs façons, par le
compost, en plantant des légumineuses, ou en mettant des engrais chimiques. Le
Développement va dire qu’il faut mettre des engrais chimiques. Ce n'est pas
simplement une pratique, c'est aussi une théorie. Dans les écoles d'agronomie
dans les pays du Sud on va expliquer aux gens que s'ils veulent se développer,
s’ils veulent avoir less mêmes récoltes que nous, il
faut développer les engrais chimiques, toutes les autres formes qui
permettaient aux gens d'avoir un minimum d'autonomie de s'organiser et d'avoir
d'autres choix possibles vont disparaître au profit de ces engrais chimiques.
Vous voyez comment à partir de pratiques et de théories, on va réduire la
possibilité de choix des gens et les enfermer dans la rareté car bien
évidemment les engrais chimiques c'est rare, bien évidemment il faut les payer.
En général dans les pays du Sud - je connais bien le cas de l’Erythrée - on
commence par les donner, et puis après on les fait payer.
Développement ou croissance ?
Dans cette notion de développement il y a
une notion qui est toujours sous-jacente, rarement formulée, mais très
présente: on ne peut pas imaginer le développement sans croissance. De la même
manière, on ne peut pas parler de développement, sans mettre au centre de sa
réflexion l’économique. Les sociétés ont infiniment d’autres richesses que
l’économique. A partir du moment où tout est réduit à l’économique, on assiste
à un appauvrissement. Il y a une logique en marche, qui consiste chaque fois à
développer ces pays avec un modèle unique.
Peut
on discuter le développement?
Le développement, non seulement cela ne se discute
pas, mais Gilbert Rist parle même d’une religion du développement. Une sorte de
foi occidentale. Dans les pays du sud, ce terme n’existe tout simplement pas.
Il n’a pas de sens. Mais nous sommes accrochés à ce terme d’une nature quasi
religieuse. Depuis quinze ans que notre association critique le développement,
on commence seulement à nous écouter car les dégâts sont tellement énormes,
tellement visibles, au nord comme au sud (avant on les voyait au sud, pas au
nord).
Ce qui est paradoxal, c’est qu’on assiste
aujourd’hui, avec la montée du thème de la mondialisation, à un retour du
«développement». Récemment s’est tenu à Johannesburg un sommet sur le développement
durable, notion apparue comme une panacée. Depuis cinquante ans, ce qu’on
appelait «le développement» tout court, a masqué ses crises par des
terminologies telles que: développement social, développement à visage humain,
endogène, local, communautaire… le développement durable fait actuellement
l’unanimité.
Scindons ce modèle et réfléchissons
séparément à la durabilité et au développement. Si on regarde l’histoire de
l’agriculture, (elle a 10.000 ans) on peut dire que pendant 9950 ans il y a eu
de la durabilité. Des générations et des générations ont entretenu une terre
qui nous est arrivée en excellent état. En cinquante ans, on a appliqué la
science et la recherche dans une logique de «développement» et on a fait de
l’agriculture un désastre écologique.
Gilbert Rist parle d’un «oxymore»: une
contradiction dans les termes (L’obscure clarté qui tombe des étoiles, de
Corneille, ou le soleil noir de Rimbaud…). Le développement durable est une
contradiction dans les termes…un peu comme la «guerre propre», ou «la
croissance négative» le deuxième terme sert à annihiler le premier pour
empêcher de penser.
Comment sortir du développement?
Se réapproprier l’argent, les savoirs,
retrouver le sens de la mesure… des chercheurs et des gens de terrain ont
montré que l’on pouvait effectivement déconstruire le développement et en
sortir dans sa pratique. La première piste pour orienter la pratique est celle
de la réduction des échanges, contrairement à l’heure actuelle où l’on
considère que plus on augmente les échanges, plus on augmente les richesses;
l’idée est de s’attaquer à ce qui n’est pas nécessaire. Lors de l’incendie
meurtrier du tunnel du mont Blanc, un camion transportait du papier hygiénique
entre la France et l’Italie! A-t-on besoin de transporter cela entre les deux
pays ? Une autre orientation concerne le
désinvestissement dans la désintensification.
En ce qui concerne l’agriculture c’est évident: Il faut plutôt penser en termes
d’emplois qu’en termes d’intensification capitalistique. C’est vital pour
l’emploi et pour l’environnement.
Prenons une image tirée du livre de François Partant : imaginons un
bateau qui coule. Les passagers se retrouvent sur une île sans contact et
doivent s’organiser pour produire ce dont ils ont besoin. On fait soi-même tout
ce qu’on peut faire. C’est la question des transferts technologiques. Si un
pays ne sait pas fabriquer une machine et s’il l’importe, il crée un lien de
dépendance immédiat. Il convient déjà de redonner aux pays du sud les moyens de
leur propre histoire, que nous avons confisquée depuis la décolonisation. Si on
arrêtait de pêcher dans les eaux du Sénégal, ce dernier aurait une pêche en
bonne santé et n’aurait pas besoin de demander des aides. L’une des
caractéristiques du développement est cette perte d’autonomie. Il faut au
contraire tout faire pour assurer, pays par pays, région par région, groupe par
groupe, les conditions de leur autonomie. C’est dans cette voie de «l’après-développement» qu’il me semble nécessaire d’engager
toute réflexion sur le système économique mondial actuel.
Silvia PEREZ-VITORIA
Intervention au colloque « Réinventer
l’international ». Brest 2001.
Actes en ligne http://www.casi-bretagne.org