Pour une éducation populaire politique

 

Par Alexia Morvan

 

 

1) Le premier problème :  pourquoi parler d’éducation politique si l’éducation (toute éducation) est déjà nécessairement politique en elle-même (au sens où aucune n’est neutre, puisqu’elle décline qu’elle le veuille ou non un projet de société, une vision du monde, etc.) ?

Y-a-t-il une nécessité qui justifie cette redondance et laquelle ? Que signifie d’insister sur le mot politique, aujourd’hui ?

            - certains peuvent faire le constat d’effacement du politique ou d’une dépolitisation (que je ne partage pas d’autant qu’il ne serait pas facile à prouver et est récurrent dans l’histoire)

            - ou l’inverse considérer que dans la période que Luc Carton qualifie de transition démocratique (scénario d’épuisement de la démocratie délégataire, de sa légitimité), au contraire, il y a une forte attente de révolte et de retour au politique des gens qui ne trouve pas à se satisfaire

            - d’autres peuvent s’inquiéter (c’est mon cas) des faits qui traduisent une dégradation démocratique (du pouvoir du grand nombre) au travers de l’augmentation des inégalités (inversion de la dynamique de partage des richesses entre travail et capital dans les pays riches et paupérisation dans de nombreux pays exploités d’autres régions du monde), et de la montée du pouvoir présidentiel en France (je ne donne pas d’exemples, il y en a tous les jours, qui nous annoncent un durcissement d’un état policier).

            - l’on peut aussi arguer qu’il s’agit de réappropriation publique de ce que recouvre comme autorisation et légitimité le terme et son affirmation (contre la tendance historique dénoncée par Bourdieu et bien d’autres avant lui à la monopolisation, confiscation du pouvoir par une oligarchie bien née, se justifiant par le vote, on a vu ce que cela a pu donner avec Hitler)…,

            - ….ou défendre qu’il s’agit de s’aider provisoirement des mots pour re-conquérir une légitimité perdue de l’éducation populaire (primitive au temps où elle était la dimension culturelle de l’action du mouvement ouvrier selon Luc et intermittente depuis selon d’autres), car pour l’instant les politiques publiques qui financent l’éducation populaire et les associations ne paient pas leur travail de la culture dans la transformation sociale, ni de contrepouvoir en général, ni de pédagogique de la démocratie –encore que là-dessus sous couvert de démocratie participative cela peut encore être le cas mais à quel prix parfois !- mais leur sous-traite essentiellement la gestion technique de services collectifs d’insertion (placement forcé), de loisirs récréatifs, de diffusion culturelle des œuvres sélectionnés par l’élite.

 

Non seulement ne le paient pas mais le freinent ou l’empêchent, via la délégation de service public, la sous-traitance de la gestion de loisirs et de portions d’action sociales, les politiques publiques neutralisent le pouvoir critique de l’éducation populaire qui à son tour se censure pour correspondre à ce qu’on attend d’elle (cf ma recherche dans le cadre de l’appel « économie sociale et solidaire en région » en 2003). Ceci pour dire que peut être afficher cette éducation populaire politique est une manière de nous obliger à élucider nos rapports inavoués entre éducation populaire et politique. Histoire de « ne pas refuser la compétence politique qui est la nôtre »… disait jean Claude Dumoulin , un temps président du CNAJEP.

 

Quel projet de société soutenons-nous, participons-nous de la reproduction sociale ou de l’émancipation par rapport à l’ordre social, au système capitaliste ?. Comment nos initiatives pourraient elles produire des propositions de politiques publiques et de service public de l’éducation populaire politique pour soutenir ces actions (pour quand la Gauche aura les moyens de lancer un tel programme, autant s’entraîner et se former, apprendre ensemble, d’ici là pour être prêts en attendant). De ce point de vue d’ailleurs nous pouvons dire que cela correspond de plus en plus (c’est un faible mot) aux attentes des acteurs et professionnels voire des élus sur le terrain, et qu’il y a du répondant de la part du peuple ! Attention cependant à ce qu’on ne se paie pas de mots. A ce qu’ils ne nous illusionnent pas, ne servent pas juste à nous rassurer, à nous ou à donner à d’autres bonne conscience en changeant seulement les mots (comme c’est le cas pour le terme de « transformation sociale » qui connaît en ce moment un regain, mais avec les mêmes pratiques parfois sous couvert de l’emploi du mot). Les mots ne suffisent pas à l’action collective de résistance. Il faut s’impliquer dans de vraies situations problèmes et parfois ou souvent prendre des risques.

 

2) mon argument sur le pourquoi :

 

Je pense que ‘éducation populaire politique » est une nouvelle (dans une certaine mesure) ancienne (parce que déjà utilisé dès la naissance de l’éducation populaire souvent sous le terme d’éducation à la démocratie et depuis cycliquement) étiquette de l’éducation populaire (comme il y en a eu d’autres comme l’éducation sociale, l’éducation ouvrière, l’éducation permanente, la culture populaire,…). Une étiquette stratégique et performative pour regrouper sous un courant de l’éducation populaire tout ce qu’il y a déjà et ce qui peut advenir d’éducation contestatrice de l’ordre social avec des méthodes d’éducation populaire et regrouper au-delà du champ labellisé de l’éducation populaire (mouvement social, mouvement ouvrier, acteurs dans l’école ou dans le travail social, …ici en France mais aussi en Europe et dans d’autres régions où l’éducation populaire connaît des pratiques politisantes) ?

 

L’argument majeur est le suivant : l’éducation populaire politique ou le besoin d’éducation politique s’appuie sur le diagnostic de gauche (la démocratie étant son avenir, sa raison d’être selon quelques-uns, au nom des valeurs d’égalité, de liberté et de justice qui sont les moteurs de la promesse démocratique), généreux et large (au sens de rassembleur), de l’insuffisance (voire de la trahison possible quand elle n’est pas avérée) de la démocratie représentative pour qualifier une société démocratique c’est-à-dire émancipatrice (donc juste, égalitaire, dans laquelle la situation du plus grand nombre s’améliore, les inégalités se réduisent, et les libertés par conséquent du plus grand nombre s’en trouvent élargies). Ce que dit Castoriadis (qui parle de société autonome, dans laquelle la connaissance et la pratique politique sont encouragées dans une visée de mobiliser le désir de participation et d’émancipation), Freire et bien d’autres avant.

 

Une société démocratique (libre, égalitaire, juste) a besoin d’un mouvement, d’une extension de la pratique politique (contrairement à la droite ou d’autres conceptions qui pensent que seuls ceux qui savent peuvent diriger/ savoir = pouvoir, démocratie élitiste ou aristocratique, capacitaire). La démocratie n’est pas naturelle, elle est fragile et toujours à reconstruire (cf Meirieu la Polis n’est pas spontanée, elle doit être construire, la somme des intérêts individuelles ne fait pas bien commun, on en a des preuves quotidiennes !). Pas de démocratie sans politisation du (plus) grand nombre. Ce que dit Ricoeur aussi est démocratique un régime dans lequel la participation à la décision est assurée à un nombre toujours plus grand de citoyens et où l’écart entre sujet et gouvernants diminue. Comme Rancière, qui insiste bien sur l’excès du démos (dans son livre « la haine de la démocratie » notamment) par rapport à la représentation. Le peuple rappelle toujours (et c’est cela pour lui la démocratie) par sa contestation que les conflits ne sont pas bien arbitrés par la démocratie délégataire ou que l’on est mal représenté, ou que cette représentation est insuffisante. Ce que d’aucuns appellent –Rosanvallon- la « défiance » organisée par le peuple de mille et une manières (cf son histoire conceptuelle du politique et ses émissions radiophoniques sur les voies de la souveraineté populaire).

 

Autrement dit le postulat de l’éducation populaire politique est bien que, moins on est nombreux à s’exercer politiquement, plus la démocratie recule, est bafouée, et l’horizon de l’émancipation s’éloigne, les inégalités se creusent, les libertés sont réduites, … en ce sens l’éducation populaire politique est utile aux dominés et doit être toujours nuisible aux dominants, de tout temps. Pas de trêve pour l’éducation populaire politique. L’éducation populaire politique remet en cause l’organisation générale de la société par des méthodes d’éducation populaire. L’éducation populaire politique (dont le mot politique peut paraître redondant) exige la reconnaissance et l’entretien de faire ce dont elle a été privée, ce qu’on lui a confisqué dans ses missions (comme le mouvement ouvrier qui était politique et est devenu cogestionnaire des réformes de l’emploi dans le système capitaliste, cf « La révolution du travail. De l’artisan au manager » de Rolande Pinarde aux Presses universitaires de Rennes), de l’éducation politique avec le plus grand nombre et en particulier avec ceux qui subissent le plus le capitalisme et ses effets.

 

Si on est d’accord avec ce postulat, reste la question du comment on conquiert une telle légitimité ? De qui l’attend-on ? de l’Etat ? de leaders ? des classes populaires et/ou de certaines régions du monde (comme on me l’a régulièrement dit, de l’Amérique latine par exemple) ? de nos pairs ? Où parle-t-on politique et comment ? Où apprend-t-on, s’éduque-t-on et comment politiquement ? Reste à savoir de quoi la démocratie a besoin pour s’étendre et s’amplifier.

 

C’est le début du deuxième problème ou la deuxième question : Quoi, qui, où, comment ?

 

-         les partis politiques

-         les forces syndicales, les comités d’entreprise

-         le mouvement social plus ou moins organisé et formel

-         le secteur associatif, mutualiste et coopératif

-         les médias

-         les services publics ou délégués et leurs travailleurs, dont les travailleurs sociaux et culturels

-         les universités et autres lieux de formation, écoles[1],

-         les gens eux-mêmes entre eux…

 

Parmi ces « qui », il en est qui ont une légitimité historique (des racines, des filiations du côté de cette responsabilité), je veux parler des partis politiques, des médias, du mouvement ouvrier, du mouvement social et de l’éducation populaire, qui cycliquement (dans les périodes chaudes, 1789, 1848, 1871, fin 19ème-début 20ème, 1936, autour de 1945, des années 1960, de 1995, …jusqu’à aujourdhui) ont investi cette responsabilité d’éducation politique populaire (mais pas toujours populaire d’ailleurs).

 

Pour ce qui est de l’éducation populaire dont il est question, qui a l’avantage d’avoir eu une prétention généraliste (globaliste, non spécialisée au départ), la dernière tentative publique-civile (alliance de gens de l’appareil d’Etat et d’acteurs de l’EP) d’en élargir jusqu’à ce point (l’éducation populaire politique) les prérogatives date de l’offre publique de réflexion sur l’avenir de l’éducation populaire (1999-2000) lancée par la ministère de la jeunesse et des sports de l’époque (Mme Buffet), et avant celle-ci on peut dire que c’est au sortir de la 2ème guerre mondiale dans la poussée de la résistance et du « plus jamais ça » de la découverte des camps d’extermination (voir l’article du Monde Diplomatique de F. Lepage, mai 2009).

 

Pourquoi ? Parce que les temps froids ramènent la Réaction (dit Badiou), muselle et endort les contre-pouvoirs et les pensées critiques. Parce que l’éducation populaire institutionnalisée et professionnalisée s’est en grande partie depuis 1945anesthésiée, neutralisée par l’animation notamment, et s’est investie, encouragée par les différentes politiques publiques dans la domestication des classes populaires et, moyennes (même si les années 60 plus subversives sont passées par là entre temps il est vrai, avec leurs engagements, mais le retour de bâtons capitaliste a juste après refermé le couvercle en réussissant à récupérer à son avantage ce qu’il y avait de mobilisateur dans ces années et le mettre au service du capital (cf Le nouvel esprit du capitalisme, de Boltanski et Chiapello). Ce que raconte bien le spectacle « inculture(s) 1 » de F. Lepage. Certains ont croqué et y ont cru (à toutes les salades du développement local, culturel, …). D’autres n’ont pas aimé perdre leur âme et ont continué à leur échelle, à leur endroit de mener des actions d’éducation populaire émancipatrice, avec ou sans pognon, mais même ceux-là peuvent un jour s’épuiser à force de se faire traiter de ringard et de passer toute leur énergie à détourner les dispositifs pour continuer leur métier. Cette éducation populaire politique n’a pas disparu, elle est là dans les interstices mais là il s’agit de la promouvoir et de l’approfondir en la revisitant.

 

Cela ne peut se faire qu’ensemble, c’est-à-dire en ne respectant pas les cloisons que la division du travail y compris public (division capitaliste) a instaurées :

-         entre loisirs et travail

-         entre jeunes et moins jeunes

-         entre culture et social

-         entre syndicats et mouvements sociaux

-         entre éducation et politique

 

Je le répète peut être l’intérêt d’une éducation populaire politique, c’est que l’éducation populaire traverse les champs (partis politique, monde de l’entreprise, scolaire, travail social, culture…) par sa dimension généraliste (racine historique) rejette les divisions, passe par-dessus les frontières et étiquettes qui isolent actuellement ceux que l’évolution de la situation indigne (personne n’est dupe).  

 

Troisième problème avant de revenir aux détails du 2ème :

 

3 ) La délicate relation entre éducation et politique, que je caricaturerai en disant entre neutralité et propagande. C’est une question qui a travaillé dès les débuts des expériences d’éducation populaire politique les acteurs (cf université populaire, le Sillon de Marc Sangnier, …), récurrente dans l’histoire (Vichy en est un exemple, dont F. Tétard souligne tous les effets sur la construction d’une politique jeunesse à la Libération) et qui continue d’être posée.

 

Donc il est difficile de parler d’éducation et encore moins d’éducation populaire, politique (car cela restera toujours une facette de l’éducation tout court) sans nommer les intentions de départ ? Quelles conceptions de la vie en société habitent nos approches de l’éducation (populaire politique) ? Se rapprochent-elles d’une conception libérale ? Socialiste ? autogestionnaire ? anarchiste ? communiste ? Quel est notre idéal politique et démocratique ? Ce sont les questions qui traversent déjà les débats sur les textes et projets pédagogiques de l’époque révolutionnaire (« Une éducation pour la démocratie » par Bronislaw Baczko, éditions Garnier).  Jacques Ardoino disait que son éducation critique s’appuyait sur un projet socialiste. Mougniotte qui a commis un ouvrage sur l’éducation au politique en collège et lycée a distingué quatre manières (courants de penseurs et de pédagogues) de résoudre cette tension entre éducation et politique dans l’histoire scolaire depuis le 18ème siècle. D’où le fait que ma thèse s’intitule l’éducation politique dans une visée d’émancipation et de transformation sociale dans les milieux de l’éducation populaire. La visée mérite d’être énoncée. J’ai bien trouvé sur internet des groupes islamiques qui proposent une éducation politique populaire. C’est même le début de l’éducation politique que de ne pas occulter les enjeux politiques de connaissances (percevoir les questions, les oppositions, les problèmes et les choix politiques posés, la concurrence entre plusieurs versions, par exemple libérale, socialiste, la référence aux valeurs, à la démocratie) et de moyens légitimes employés pour ce faire.

 

Quatrième question qui fait partie du 2ème problème :

 

4) Comment ? Avec qui ? Où ?

 

En supposant que cette éducation populaire politique soit accueillie (en tous cas une partie), hébergée, soutenue, par une université, une maison des sciences de l’homme ici :

 

La première remarque touche au fait que l’éducation populaire politique ne peut être seulement abstraite (après avoir dit qu’elle ne pouvait être spécialisée et cloisonnée), c’est-à-dire n’être qu’intellectuelle ou idéaliste (pour les marxistes). Cela pose une première exigence pour l’université (a fortiori française) qui n’est pas toujours très versée dans l’application et l’implication au sens large dans la vie réelle et concrète. L’éducation populaire politique a besoin de terrains concrets pour s’incarner dans des pratiques réelles (soyons matérialistes). Ce qui suppose pour l’université d’assumer (un peu à la manière de l’article que je t’envoie d’Amérique Latine sur les actions recherches) d’assumer le lien entre recherche (activité scientifique) et engagement (mouvement social, syndicats). Là-dessus il y a aussi des racines du côté de l’école de Francfort (théorie critique) entre autres.

 

Deuxième remarque qui touche à la traduction de la première, il me semble comme ça, qu’un magnifique défi d’éducation populaire politique suppose plusieurs chantiers de recherche et de recherche-action ou action recherche (sinon on tombe dans l’accessoire bien pensant qui élargit la panoplie éducative sans rien transformer) potentiellement (qui dépassent de loin les initiatives actuelles d’université populaire évidemment) :

 

Chantier pour une éducation populaire politique

 

Tronc commun

Education populaire politique (de l’éducation populaire comme visée d’émancipation et de transformation sociale)

Sur les méthodes qui se prêtent ou se sont prêtées à l’éducation populaire politique (cercles d’étude ou de culture, enquêtes sociales ou conscientisantes, histoires de vie collective, théâtre de l’opprimé, entraînement mental, débats contradictoires, budget participatif…)

Présentation théorique et application au groupe eux-mêmes le plus possible (pour faire connaissance, pour tester et apprendre les capacités d’animation, d’argumentation, identifier les chantiers, etc.)

Ce qu’il faut savoir : notre propre éducation politique populaire (besoin d’une éducation mutuelle) – point sur nos savoirs politiques, connaissance de la grande et de la petite histoire politique, des théories politiques, des différentes définitions de la démocratie, de l’histoire des luttes depuis longtemps

Sur le travail d’élucidation de sa posture et pratique par rapport au système capitaliste, inviter à une réflexion critique pour permettre de savoir où se positionne l’action de chacun ou chaque groupe. A qui sert-elle ? au service de qui ? Travailler sur les schémas sous-jacents de notre pratique éducative. Un militant conscient de son projet d’éducation politique peut induire un militantisme intelligent. Une éducation explicite au politique est préférable à la poursuite dissimulée d’objectifs eux-mêmes occultés…celui qui ignore sa propre idéologie peut se prendre pour la neutralité personnifiée !

Sur la définition des chantiers de recherche et de recherche-action

Les gens se réunissent autour d’un problème qu’ils auront chacun d’entre eux choisi et défini et les participants le sont à égalité, on apprend ensemble.

Chantier recherche-action « l’université à l’école d’elle-même »

Chantier action-recherche dans des espaces de participation politique correspondants

Chantier du passé et du présent

Chantiers à inventer au niveau européen, international

Expérimentations à l’interne de l’institution universitaire. Que cette éducation politique populaire travaille l’université elle-même

 

Expérimentations à l’externe

Avec qui ? où ?

- classes populaires, quartiers populaires

- mouvements sociaux,

- syndicats, comités d’entreprise

- expériences en cours de démocratie « participative » (type budget participatif par exemple)

-  fédérations, associations d’éducation populaire ou groupes d’éducateurs populaires parties prenantes

- secteur associatif, coopératif, mutualiste,

- partis politiques de gauche ?

- espaces publics

- équipements collectifs

Essayer de voir quelles expériences de l’éducation populaire labellisée ou non se rapprochent de l’éducation populaire politique explorée (qui se situent clairement dans la contestation et qui utilisent des méthodes d’éducation populaire)

Travail sur les critères d’une part et sur les procédures et méthodes

Dans l’histoire et aujourd’hui.

Soit la réplique du chantier précédent, soit une perspective comparative (je sais que Nicolas a commencé une cartographie mondiale de l’éducation populaire)

le tout convergerait dans ….

Une université de l’éducation populaire politique qui rassemblerait les travaux de tous les chantiers et les publics que cela intéresse.

Minimum 5 jours

 

Quelques alliés potentiels :

 

-         du côté de la démocratie agitatrice ou délibérative : des gens comme Yves Sintomer, Loïc Blondiaux (auteur du nouvel esprit de la démocratie), M. Gret (qui avait travaillé sur le budget participatif de Porto Allegre), J. Talpin (doctorant sur les expériences de budget participatif en Europe), Fourniau (démocratie participative sur les questions d’aménagement invité à la Londe les maures) ou des auteurs du livre « démocratie participative et transformation sociale…

-         côté des chercheurs sur la politisation (Sophie Duchesne, Florence Haegel, Camille Hamidi, Paul Bacot, et d’autres sur l’IEP de Rennes, Lionel Arnaud, ….)

-          côté histoire militantisme, mouvement social et ouvrier (Poujol, Tétard, Tartakowski, ou côté Corcuff, J. Ion) et histoire de la formation des adultes (Françoise Laot, laboratoire Gehfa à Paris 5 ou 10 et l’association européenne très intéressante pour avoir la dimension internationale de l’éducation populaire politique)

-         côté sciences de l’éducation (Education critique et éducation populaire : Jean-Louis Legrand[2], Rémi Hess, Nicolas Fasseur[3], / côté scolaire : Meirieu, Tozzi, Paturet, …)

-         côté Philosophie politique (Rancière, Bensaïd, Badiou, Mouffe, Breaugh ?)

-         côté sociologie (Maurel, Yves Bonny, des gens de l’équipe de Boltanski et Chiapello, et en sociologie clinique du travail qui utilisent la recherche-action D. L’huillier, Clot, Roche et CNAM)

-         côté économie politique (Lordon, M. Renault, PEKEA, …)

-         des gens du conseil scientifique de l’OPR (Franck, Bourrieau, Carton, S. Regourd, D. Charvet ?)

-         au niveau européen et autres régions (dont l’Amérique latine) des homologues pour donner la perspective et le potentiel d’un tel travail en sciences humaines

 

…à suivre



[1] Meirieu a défendu et défends encore une éducation au politique en milieu scolaire

[2] aussi association internationale sur les histoires de vie, approches d’éducation populaire dans d’autres pays

[3] il me semble pour avoir rencontré Nicolas dernièrement qu’ils sont en train de monter une université populaire à paris 8 d’ailleurs ?

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[3] il me semble pour avoir rencontré Nicolas dernièrement qu’ils sont en train de monter une université populaire à paris 8 d’ailleurs ?